Le Bureau International du Travail a rendu public, ce 16 mai, un rapport intitulé « L’égalité au travail : un objectif qui reste à atteindre » , dans lequel l’institution fait part de ses inquiétudes. En effet, selon son directeur général, Juan Somavia, « les périodes de difficultés économiques constituent un terrain propice à l’éclosion de discriminations au travail et, plus généralement, au sein même de la société. On le constate avec la montée des solutions populistes. » « Cela pourrait mettre en péril les acquis difficilement obtenus sur plusieurs décennies », ajoute-t-il.
Pour édifier son analyse, le BIT s’est appuyé sur les données transmises par les organismes de promotion de l’égalité, comme la Halde en France : il apparait alors que « la discrimination au travail s’est diversifiée et que la discrimination à raison de multiples critères devient la règle plutôt que l’exception. » Par ailleurs, non seulement la dégradation du contexte économique et social accroit le risque de discrimination, mais « la croissance et les problèmes d’emploi étant naturellement considérés comme prioritaires, les préoccupations relatives aux discriminations risquent de céder le pas à des politiques économiques et de l’emploi à court terme ou à des décisions budgétaires qui ont des répercussions sur les institutions publiques et privées chargées des questions de discrimination. »
Le BIT reconnaît certes des avancées dans plusieurs pays, comme l’amélioration des législations, notamment en Europe où elles tendent à s’harmoniser, amis aussi la création d’organismes dédiés. Mais il interroge l’efficacité de ces dispositifs, particulièrement quand les moyens ne suivent pas.
Le rapport s’attache également à dresser un état des lieux des discriminations motif par motif, et relate quelques retours expériences jugés dignes d’intérêt.

