Quatrième édition du baromètre CSA-Halde-OIT sur la perception des discriminations

Pour la quatrième année consécutive, CSA a publié les résultats d’un sondage commandé par la Halde et l’OIT sur la perception des discriminations dans le monde du travail. Pour réaliser cette étude, l’institut a interrogé deux échantillons, l’un de 578 salariés du privé, l’autre de 502 agents de la fonction publique. Quelques résultats s’en dégagent, et CSA les a comparés avec ceux des années précédentes :

- « La quasi-totalité des personnes interrogées jugent la lutte contre les discriminations dans le monde du travail importante, qu’elles travaillent dans la fonction publique (96 %, -3 points) ou dans le secteur privé (97 %, +1 point) »

- Agents de la fonction publique comme salariés du privé estiment le risque de discrimination moins élevé à l’entrée de leur administration ou de leur entreprise que dans l’ensemble du secteur où ils évoluent. Les uns et les autres estiment ce risque néanmoins élevé pour certains groupes. Ainsi, « les catégories perçues comme les plus discriminées, à l’embauche comme dans l’évolution de carrière, sont les personnes issues de la communauté des gens du voyage, les personnes handicapées, les personnes âgées de 45 ans et plus, mais également les personnes atteintes de maladies. » À l’inverse, les personnes interrogées sont une faible minorité à percevoir le fait d’être Français d’origine étrangère comme « un facteur discriminant » (11 % dans la fonction publique et 13 % dans le secteur privé). D’autres critères sont également perçus comme faiblement susceptibles d’être prétexte à discrimination, comme « l’âge inférieur à 25 ans (11 % et 13 %), l’homosexualité (10 % et 16 %), le fait d’être une femme (5 % et 13 %), et le fait d’être originaire des DOM (5 % et 8 %). »

- Le risque de discrimination dans l’évolution de carrière dans son entreprise ou son administration est perçu, critère par critère, comme moins important que le risque de discrimination à l’embauche ;

- « 25 % des agents de la fonction publique affirment avoir déjà été victime d’au moins une discrimination sur leur lieu de travail, soit un point de moins qu’en décembre dernier. » Ce taux est de 33 % (-3 points) pour les salariés du privé. En outre, 42 % des agents de la fonction publique interrogés (+5 points) et 45 % des salariés du privé (+2 points) déclarent avoir été témoins d’une discrimination. « L’origine ethnique » est alors le principal critère des discriminations vécues ou observées, suivi de l’apparence physique, l’âge, le sexe et l’état de grossesse.

- Comme les études précédentes, celle-ci confirme que l’auteur de la discrimination observée est en premier lieu le supérieur hiérarchique, la direction puis les collègues.

- Enfin, face à une discrimination, « les agents de la fonction publique déclarent majoritairement en avoir parlé à leur direction ou leur encadrant direct, même si ce comportement est en baisse (43 %, -7 points en tant que victime / 44 %, -9 points en tant témoin) et/ou avoir alerté les représentants du personnel ou d’un syndicat (40 %, – 7 points en tant que victime, 41 %, – 5 points également en tant que témoin), également en baisse. On note une forte hausse de personnes qui n’ont rien dit, 39 % des victimes (+8 points) et 31 % des témoins (+6 points). » Quant aux salariés du privé, quand ils ont été victimes d’une discrimination, ils « en ont majoritairement parlé à leur direction (37 %, +3 points et 36 %). Cependant, près d’un tiers n’a rien dit (32 % et 31 %) et un quart a alerté les représentants du personnel ou d’un syndicat (25 % et 28 %). »

Il reste cependant difficile de tirer des enseignements de cette nouvelle édition du baromètre CSA-Halde-OIT, les échantillons étudiés restants faibles et leur représentativité sujette à caution : c’est d’ailleurs probablement là la première cause des écarts observés d’une année sur l’autre. De surcroit, la nature de l’objet étudié – la perception des discriminations – ne permet pas de tirer de conclusions sur la réalité de ces discriminations. Ces chiffres mettent notamment en évidence une sous-estimation de certaines discriminations pourtant révélées par des études plus factuelles (notamment celles liées à l’origine, au sexe ou à l’orientation sexuelle), et ils montrent également une surestimation de la discrimination à l’embauche relativement à la discrimination dans l’évolution de carrière, pourtant plus fréquente si l’on en croit l’actualité judiciaire. À l’inverse, une forte perception de certaines discriminations peut aussi révéler des progrès dans la sensibilisation des salariés à la problématique sans pour autant permettre un diagnostic fiable sur le niveau réel de ces discriminations.

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