Éric Molinié, nommé samedi 11 décembre à la présidence de la Halde, a dévoilé les grandes lignes de son nouveau mandat, et sa vision du rôle de la Halde, lors de deux auditions devant les commissions des lois des deux assemblées, mercredi 8 et jeudi 7 décembre. Devant les sénateurs puis les députés, Éric Molinié a voulu inscrire son action dans une continuité, en s’appuyant sur le bilan de la Haute autorité et en valorisant le rôle de son personnel : « j’y ai trouvé des équipes motivées et qui travaillent beaucoup, explique-t-il, (…) j’ai également été frappé par la qualité de l’expertise technique de la HALDE en matière de droit des discriminations. » Selon des témoignages recueillis par plusieurs journaux, le climat social s’était en effet fortement dégradé au sein de la Haute autorité ces six derniers mois : c’est donc probablement un message rassurant que le nouveau président de la Halde a voulu adresser à ses agents. Le nouveau président de la Halde a également défendu le bien fondé de son budget, régulièrement mis en cause par quelques députés.
Le nouveau président de la Halde a ensuite défini quelques-unes de ses priorités. Parmi elles, le renforcement d’un « réseau de délégués régionaux au plus près des citoyens, métropolitains ou ultramarins », et une révision du mode de traitement des réclamations : « Après avoir, pendant cinq ans, étudié une à une toutes celles qu’on nous adressait, il est temps de les trier selon leur importance, annonce-t-il, en distinguant les dossiers susceptibles d’avoir une valeur emblématique de ceux dont l’intérêt est plus anecdotique. Nous devons également rechercher les moyens d’accélérer ce traitement et d’améliorer nos procédures internes. » Il appelle donc de ses voeux un certain recentrage, en proposant par exemple de « concentrer l’action de l’institution sur les grands enjeux de société, en évitant les sujets anecdotiques, qui pourraient être mal perçus par l’opinion » : faut-il donc comprendre que la Halde ne se saisirait plus des sujets qui ont fait polémiques ces dernières années ? À l’instar de sa prédécesseure, Jeanette Bougrab, Éric Molinié a en effet voulu rassurer députés et sénateurs : la Halde « n’a pas à prendre position sur une loi », elle doit seulement pouvoir « formuler des avis à destination du législateur ou lui signaler certains vides juridiques. »
Enfin, Éric Molinié se garde d’émettre un jugement de fond sur la pertinence de l’intégration de la Halde au futur Défenseur des droits. « Tout ce qui peut permettre de mutualiser les compétences et d’assurer des fertilisations croisées, sur le modèle de ce qui se fait dans d’autres pays, me paraît une bonne chose », reconnaît-il, mais il y met cependant des conditions, notamment la préservation des deux missions fondamentales de la Halde — la lutte contre les discriminations et la promotion de l’égalité des chances —, le maintien d’une collégialité dans les processus de délibération et la pérennisation du comité consultatif de la Halde.

