« En 2004, les femmes retraitées de 60 ans et plus percevaient une retraite en moyenne équivalente à 62 % de celle perçue par les hommes » constate la Halde dans une délibération adoptée le 13 septembre dernier, et rendue publique ce mercredi 23 septembre. « Les femmes parties à la retraite ont validé en moyenne 20 trimestres de moins que les hommes malgré les majorations de durée pour enfant », ajoute la Haute autorité. Autrement dit, « seuls 44 % d’entre elles ont une carrière complète contre 86 % des hommes. »
Le collège de la Halde recommande donc d’agir dans deux domaines : le parcours professionnel des femmes — par des mesures rendant effective la loi sur l’égalité professionnelle — et le dispositif de retraite. En effet, explique la Halde, « s’il n’est pas du seul ressort du système des retraites de corriger toutes les inégalités, il lui revient d’une part de ne pas les aggraver et de garantir l’égalité entre les femmes et les hommes. »
La Halde propose donc deux mesures permettant de prendre en compte les spécificités de l’emploi des femmes, en permettant aux personnes à temps partiel de cotiser sur la base d’un temps complet avec participation de l’employeur d’une part, et en prenant en compte les 100 meilleurs trimestres et non les 25 meilleures années pour la détermination du montant de la pension d’autre part.
La Haute autorité propose également d’agir sur les paramètres liés aux droits conjugaux, en ouvrant le droit au versement la pension de réversion au partenaire pacsé (« si les pensions de réversion restent subordonnées à une condition exclusive de mariage, les écarts entre les femmes et les hommes ne peuvent que se creuser »), en maintenant à à 65 ans l’âge de départ à la retraite à taux plein pour les personnes ayant pris un congé parental ou pour soins apportés à un enfant ou un parent malade, en rééquilibrant l’accès au congé parental et en intégrant les indemnités journalières versées pendant le congé maternité dans le calcul du montant de la pension.
À l’exception de la dernière proposition, déjà intégrée dans le projet de loi, l’ensemble de ces pistes semble cependant exclu par le gouvernement, qui entend ne concéder d’ouvertures que sur les seules inégalités salariales. Dans une interview accordée au Parisien le 21 septembre, le ministre du Travail, Éric Woerth réagissait en effet à ce débat : « Les femmes âgées aujourd’hui de 54 ou 55 ans partiront à la retraite avec autant de trimestres que les hommes. Les femmes nées dix ans plus tard partiront en moyenne avec une quinzaine de trimestres en plus. La vraie question n’est donc plus celle de la durée de cotisation ou de l’âge de départ, mais celle de la différence de salaires. »

