Engagé le 17 janvier 2000 par une maison de retraite, le Soleil du Roucas Blanc, Mohamed X. se voit contraint par son employeur de se faire prénommer Laurent au sein de l’entreprise. Ce n’est que deux ans plus tard que Mohamed obtient finalement l’usage de son véritable prénom.
Le 18 novembre 2007, appelée à statuer sur une demande en réparation, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence retient qu’au moment de la signature du contrat, quatre salariés de la maison de retraite se prénommaient Mohamed et qu’aucun comportement discriminatoire ne pouvait être reproché à l’employeur. Mohamed X. est alors débouté.
Pour la Cour de cassation (arrêt 08-42286), au contraire, « le fait de demander au salarié de changer son prénom de Mohamed pour celui de Laurent est de nature à constituer une discrimination à raison de son origine » et « la circonstance que plusieurs salariés portaient le prénom de Mohamed n’était pas de nature à caractériser l’existence d’un élément objectif susceptible de la justifier. » L’affaire a donc été renvoyée devant la Cour d’appel d’Aix-en-Provence.

