Le 9 juin 2008, le Conseil des prud’hommes de Montpellier avait condamné une société, Kaliop pour discrimination, suite à un licenciement motivé par le changement de sexe de l’employée. Clarisse, qui avait été embauchée sous une identité masculine comme directeur administratif et financier, et directeur chargé de la stratégie et du développement, avait en effet engagé un parcours de réassignation sexuelle, du fait de son transsexualisme. Saisie, la Halde avait conclu à une discrimination : « Il découle de l’enquête de la haute autorité que Judith a fait l’objet d’une mise à l’écart professionnelle immédiate, puis un licenciement suite à l’annonce de son changement de genre. La concomitance entre la révélation de son transsexualisme et la procédure de licenciement engagée par l’employeur, établie par l’enquête de la Halde, révèle que l’attitude de l’employeur et le licenciement sont fondés sur le changement de sexe de Judith. »
La cour d’appel a confirmé le jugement établi en première instance, en condamnant Kaliop à payer à sa salariée une somme de 71.170 euros correspondant notamment à des dommages et intérêts, rappels de salaires et compléments d’indemnités.
Selon le Collectif contre l’Homophobie de Montpellier qui a accompagné la victime, « si le jugement de première instance constituait une première en France, il est désormais acquis que l’arrêt de la Cour d’appel de Montpellier est appelé à faire jurisprudence. En effet, c’est la première fois en France que la transphobie au travail est sanctionnée de manière aussi nette et claire ».


