Le supplément économie du Monde est revenu sur le plafond de verre qui limite l’accès des femmes aux fonctions stratégiques des entreprises. Une étude du cabinet DDI (non publique, seul le communiqué de presse en dévoile des éléments) réalisée auprès de plus de 12 000 managers répartis dans 76 pays et 1500 entreprises de toutes tailles révèle que si le premier niveau d’encadrement reste accessible aux femmes (42 % de femmes contre 58 d’hommes), leur part tombe à 21 % dans les degrés supérieurs.
Mais l’étude n’établit pas que des chiffres. Elle présente l’avantage d’expliquer les mécanismes qui aboutissent à cette composition déséquilibrée en mettant notamment en cause les programmes destinés aux hauts potentiels. Ces programmes favorisent une progression accélérée des plus méritants, parmi lesquels, dès le premier niveau d’encadrement, la part des hommes est très largement dominante. Ceci reste vrai pour les secteurs qui emploient autant d’hommes que de femmes.
Trois explications sont avancées. D’une part, « ces groupes sont constitués de managers âgés de 28-35 ans, et c’est l’âge… où les femmes ont leurs enfants », selon une responsable de DDI. Le cabinet ajoute : « une proportion importante de femmes cadres dans une entreprise agit comme une menace pour les avantages acquis des hommes. Pour se maintenir aux postes de décision, ils se servent des programmes hauts potentiels afin de se favoriser. » Enfin, les femmes accédant à des postes d’encadrement se voient moins souvent proposer des accompagnements ou des formations pour opérer leur transition professionnelle.
En cause donc, non seulement l’absence de prise en compte des rythmes de vie et des facteurs familiaux, mais surtout le manque de transparence de ces programmes, souvent conduits en secret. A contrario, l’article du Monde cite un exemple édifiant : « mettre en place un plan de succession structuré, avec des critères précis pour juger les talents, semble porter ses fruits. Dans le secteur médico-social américain, les organisations ayant mis sur pied ce type de projet comptent 63 % de femmes parmi leurs dirigeants. »


