Dans une interview donnée au Figaro le 29 avril, Louis Schweitzer défend le bilan de la Halde, pour relativiser l’importance du sondage commandé par le CRAN. « Établir des statistiques ne suffit pas à résorber les discriminations », selon le président de la Halde, qui privilégie d’autres outils : « Le test qui repose sur l’envoi de CV similaires sauf sur l’origine reste le meilleur instrument pour détecter les discriminations à l’embauche. » Il enfonce le clou : « Certaines “entreprises” disent ne rien pouvoir faire sans instrument de mesure : c’est une hypocrisie. »
Louis Schweitzer formule des propositions alternatives : « Je crois que l’entreprise aurait intérêt à développer un questionnaire anonyme et volontaire portant sur les discriminations. On ne demanderait pas aux salariés de cocher une case d’appartenance communautaire, qui n’a guère de sens dans une société comme la France où une personne sur quatre a un parent étranger. Le but serait d’évaluer les discriminations et mieux cerner les motifs. » Et suggère des réformes législatives : « Si nous pouvions mener des class actions, des grands procès qui rassemblent plusieurs victimes de discrimination, cela démultiplierait leur impact, comme ce fut le cas aux États-Unis. Je souhaite que l’on ouvre une exception au droit français pour que l’on puisse mener des plaintes collectives pour discrimination. En se groupant, femmes ou personnes d’origine non européenne auraient plus de poids pour demander des comptes aux entreprises ou aux propriétaires de logements. »

