L’Agence des Droits Fondamentaux de l’Union européenne a publié ce mercredi 22 avril les résultats d’une enquête sur les discriminations réalisées auprès des minorités ethniques et des personnes immigrées dans l’UE.
23500 personnes dans les 27 États membres ont été interrogées par l’Agence en 2008. Les questions ont porté sur leur perception de la discrimination, sur leur connaissance des outils pour lutter contre les discriminations, sur leur expérience personnelle éventuelle de la discrimination et de la violence à caractère discriminatoire, et sur leur expérience de la stigmatisation éventuelle qu’elles subiraient de la part des forces de police.
Les résultats font apparaître une très forte méconnaissance des services et structures apportant appui et conseil aux minorités touchées par les discriminations. Par ailleurs, de toutes les minorités interrogées, les Roms constituent le groupe le plus touché par les discriminations : 47 % d’entre eux signalent avoir été victimes de discrimination dans les 12 derniers mois. Suivent les personnes originaires d’Afrique subsaharienne (41 %) et celles issues de l’immigration nord-africaine (36 %). La majorité d’entre elles ne signalent cependant pas la discrimination dont ils ont été victimes aux autorités, considérant que cela n’aurait rien changé, ou bien que cela n’en valait pas la peine, « cela arrive tout le temps. » Concernant les violences à caractères racistes, les Roms et les personnes originaires d’Afrique du Nord sont 20 % à indiquer en avoir été victimes durant les 12 derniers mois.
L’Agence des Droits Fondamentaux a publié dans le même temps une extraction de cette enquête pour analyser plus particulièrement la situation des Roms dans l’Union européenne, et dans les États où leurs populations sont les plus importantes. L’Agence conclut sur des questions adressées aux pouvoirs publics nationaux et aux institutions de l’UE sur l’existence, l’impact et l’efficacité des politiques de lutte contre les discriminations à l’égard des Roms.

