L’institut Montaigne publie une étude contestée sur la diversité en politique

L’institut Montaigne vient de rendre publique une note (à télécharger) intitulée « Ouvrir la politique à la diversité. » Cette étude s’appuie notamment sur un sondage réalisé par CSA (à télécharger) en décembre 2008 selon lequel, pour 57% des personnes interrogées, il n’y a pas assez de personnes appartenant à une minorité visible (sous ce terme sont désignées les personnes issues « qui notamment n’ont pas la peau blanche ») parmi les hommes et les femmes politiques du Parlement français. 85% se déclarent prêts à voter pour un candidat appartenant à une minorité visible.

L’auteur de la note, Eric Keslassy, a étudié la composition du parlement et des exécutifs municipaux des grandes villes. Avec trois députés, les minorités visibles représentent 0,54% de la composition métropolitaine de l’Assemblée Nationale. Avec quatre sénatrices, la Haute assemblée en compte 1,31%. L’équipe municipale parisienne atteint le score de 17% d’adjoints. Suivent Strasbourg (13,84%), Montpellier et Lille (11,47), Toulouse (10,14%), Lyon (8,22%), Marseille (5,94%) et Bordeaux (4,91%).

Sur le blog de Catherine Coroller, journaliste à Libération, on apprend que SOS Racisme, par la voix de son vice-président Samuel Thomas, a vivement réagi : « L’Institut Montaigne s’est employé à mesurer la proportion des élus qui ont la peau noire ou marron à partir de leurs photos, dénonce-t-il. Cette création de catégories ethno-raciales parmi les élus de la République ose être présentée comme une méthode scientifique. » Pascal Cherki, adjoint au maire de Paris, est en effet désigné comme issu de minorité visible sans qu’il soit possible de déterminer sur quel fondement. Eric Keslassy reconnaît s’être appuyé sur une « méthode empirique en repérant les personnalités de la diversité grâce aux noms et aux photos disponibles sur Internet (et en recoupant des informations provenant de sources diverses) [...] par définition par infaillible. »

L’étude se conclut par quelques propositions, dont la limitation du cumul des mandats (en nombre et dans le temps), l’ouverture du droit de vote des résidents étrangers aux élections locales, la publication d’un rapport sur la diversité par les partis politiques et l’organisation de primaires ouvertes aux sympathisants pour désigner les candidats aux élections législatives.

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