A l’occasion de la 12e semaine pour l’emploi des handicapés, le supplément Économie du Monde vient de publier un dossier sur la place des personnes handicapées dans le monde de l’entreprise.
L’enjeu est de taille, puisque, comme le rappelle le journal, la loi Handicap de 2005 augmentera la contribution des employeurs publics et privés qui embauchent moins de 6% de handicapés. Les pénalités versés à l’AGEFIPH (Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées) se situent aujourd’hui entre 400 et 600 smic horaires par an et par travailleur handicapé non employé (contre 300 et 500 auparavant), et surtout, elles pourront passer à 1500 smics si l’entreprise n’a réalisé aucun effort depuis 2005. Ces fonds servent à contribuer au financement de la mise au niveau des entreprises défaillantes.
Le dossier constate ainsi un surcroit d’efforts dans les entreprises, avec des effets pervers, comme la signature à marche forcée d’accords professionnels sans réelles négociations, selon la CFDT. Le taux de chômage des personnes handicapées reste le double de la moyenne nationale, et le secteur public ne se montre pas exemplaire, avec 3,7% de travailleurs handicapés en son sein, contre 4,5% pour le privé. A ce sujet, un article relève que l’Éducation nationale ne paie aucune pénalité, en étant autorisé à déduire des sommes dues le financement d’auxillaires de vie scolaire qui accompagnent les enfants handicapées.
Le dossier est essentiellement consacré au récit d’expériences : un supermarché Carrefour, dans l’Hérault, a ainsi ouvert le recrutement de son personnel aux personnes à des malentendants, y compris pour des postes en relation avec les clients. L’industrie pharmaceutique, quant à elle, se prépare à payer de très lourdes pénalités, avec un taux de 1,7% de salariés handicapés. Mais les professionnels du secteur ont signé un accord de branche prévoyant que les pénalités soit confiés à une association-maison, et non à l’AGEFIPH. Sous réserve de validation par le ministère du travail.
Au contraire, le distributeur de fournitures de bureau, Bruneau, affiche un taux de salariés handicapés de 6,5%. Son DRH souligne que ce chiffre est atteint grâce aux efforts de reclassement des salariés qui, au cours de leur carrière, développent un handicap.
Enfin, le dossier aborde la faible qualification des personnes souffrant de handicap, et souligne les efforts qui restent à accomplir, tant dans l’Éducation nationale pour que ces personnes puissent suivre les études de leur choix, qu’en termes de formation professionnelle, où les employeurs ont aussi leurs responsabilités.

