Un appel « en faveur d’une loi sur les statistiques de la diversité » signé de cinq députés* de divers partis a été publié par le Journal du dimanche le 6 février. Rédigé par le président du Cran, Patrick Lozès, le texte affirme reprendre à son compte les conclusions du Comité pour la mesure et l’évaluation de la diversité et des discriminations (Comedd), mais aussi les décisions plus anciennes du Conseil constitutionnel et de la CNIL en faveur d’un encadrement strict de la mesure de la discrimination. Le texte omet toutefois de rappeler que, précisément, le Comedd, le Conseil constitutionnel et la CNIL recommandent un encadrement de telles études statistiques dans le périmètre de la loi actuelle : « la mise en place d’un cadre sécurisé n’appelle pas de réforme législative », analyse en effet le Comedd. En réagissant au rapport qu’il venait de recevoir, Yazid Sabeg, favorable à de telles études, a également reconnu qu‘« il n’y a aucune nécessité de recourir à la loi. »
Le groupe socialiste a par ailleurs réagi dans un sens sensiblement différent, par la voix de Sandrine Mazetier, vice-présidente chargée de l’immigration et de la lutte contre les discriminations. Dans un communiqué, la députée écrit : « le groupe socialiste récuse le caractère consensuel du rapport du Comedd et s’interroge en particulier sur la proposition d’introduire dans le recensement de la population des données d’état civil sur deux générations. » Sandrine Mazetier demande au gouvernement de plutôt reprendre les mesures suggérées par la proposition de loi de Christophe Caresche et George Pau-Langevin défendue il y a un an. Lequel texte propose une réforme de la loi informatique et liberté pour permettre des études s’appuyant sur la collecte de « données subjectives », notamment celles fondées sur le « ressenti d’appartenance », qui sont justement au coeur de la polémique…
(*Christophe Caresche (PS), François De Rugy (Verts), Claude Goasguen (UMP), Axel Poniatowski, (UMP) Manuel Valls (PS))
