Un rapport de l’IGAS dresse un bilan accablant du dialogue social sur l’égalite femmes-hommes
Posté le 9 juillet, 2009 dans Emploi
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Brigitte Grésy, de l’Inspection générale des Affaires sociales (IGAS) vient de remettre son rapport sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes au ministre ministre du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville, Xavier Darcos.
Le rapport dresse un bilan accablant de la place des femmes dans le monde travail. Les avancées de ces trente dernières années, qui positionne la France dans une situation singulière (fort taux d’activité féminin et forte fécondité), sont tempérées par des évolutions récentes plus alarmantes : l’activité féminine ne progresse plus depuis les années 90, les emplois féminins restent concentrés dans certaines familles professionnelles, et les femmes sont surreprésentées dans les emplois non qualifiés. Le chômage des femmes est supérieur à celui des hommes, et la crise risque d’aggraver cet écart (contrats non renouvelés, réductions d’horaires pour des temps partiels surféminisés). Quant aux rémunérations, les inégalités persistent (cf. ce billet), et les deux tiers des salariés à bas salaire sont des femmes.
Le rapport pointe également des inégalités dans la vie de l’entreprise : outre un accès moindre à la formation continue, les femmes sont très peu représentées dans les instances de direction des entreprises. Brigitte Grésy parle d’un « plafond de verre opaque », qu’elle illustre par des chiffres édifiants : en 2009, les Conseils d’administration des entreprises du CAC 40 comptent 10,5 % de femmes. Ce chiffre tombe à 8 % si on l’élargit aux 500 plus grandes entreprises françaises. 58 % de ces sociétés n’ont d’ailleurs aucune femme dans leur CA. Dans les comités de direction et les comités exécutifs, la situation est à peine meilleure. Enfin, du côté des organisations syndicales et patronales, la sous-représentation des femmes est visible tant dans les instances dirigeantes que dans les élections professionnelles.
L’inspectrice déplore un piètre bilan de la négociation collective et de l’action des pouvoirs publics. Les entreprises ayant entamé une négociation sur l’égalité professionnelle sont une minorité (7,5 % des entreprises déclarant un délégué syndical ont signé un accord d’égalité professionnelle), et le contenu de ces accords est qualifié de « faible », voire de « coquille vide. » L’État est également mis en cause, en raison de remontées d’information insuffisantes, de contrôles peu nombreux et de sanctions inappliquées. Enfin, la Justice est peu sollicitée.
Brigitte Grésy formule une quarantaine de propositions. Elle propose un toilettage de la négociation collective, en la simplifiant et en la dotant d’objectifs. Outre l’amélioration des outils d’information et de contrôle pour l’État, le rapport suggère des sanctions pour les entreprises qui ne fournissent pas de rapport de situation comparée et celles ne mettant pas en place certains leviers de progressions. Ces sanctions pourraient consister en une suppression d’allégement de charge ou en un versement d’une amende correspondant à 1 % de la masse salariale. Le rapport propose d’agir sur la précarité du travail féminin par des accompagnements, mais aussi par des mesures protégeant les femmes du temps partiel imposé. L’obligation de mixité dans les instances de gouvernance est une mesure très commentée par la presse : pour les conseils d’administration des entreprises de plus de 1000 salariés, il pourrait être exigé une représentation « de 40 % du sexe sous représenté dans un délai de 6 ans, avec un objectif intermédiaire de 20 % dans un délai de 2 ans. » Des objectifs sont également prévus pour les instances représentatives du personnel et les élections prudhommales.
Xavier Darcos a accueilli ce rapport en reprenant à son compte trois mesures proposées : la simplification de la négociation collective, l’amélioration de la transparence des informations sur la situation des entreprises en matière d’égalité professionnelle et la mixité dans les organes de décision. L’ensemble du rapport est toutefois renvoyée à une négociation qui débutera à l’automne.









